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Reconduction tacite : résilier et se faire rembourser

Un abonnement reconduit sans que vous ayez été prévenu ? La loi vous laisse alors résilier gratuitement à tout moment et impose le remboursement sous trente jours.

L'essentiel
  • Le professionnel doit vous informer par écrit, au plus tôt trois mois et au plus tard un mois avant la date limite de non-reconduction.
  • Cette information doit mentionner la date limite dans un encadré apparent : c'est une exigence de forme, pas un détail.
  • Sans cette information, vous pouvez mettre gratuitement un terme au contrat à tout moment à compter de la date de reconduction.
  • Les avances versées après la reconduction sont remboursées dans les trente jours suivant la résiliation, déduction faite de ce qui a été consommé.
  • Si le professionnel ne rembourse pas dans ces conditions, les sommes dues produisent des intérêts au taux légal.

Vous découvrez sur votre relevé un prélèvement pour une année entière, alors que vous pensiez avoir laissé l’abonnement s’éteindre. On vous répond que le contrat s’est reconduit et que la date limite est passée. Avant d’accepter, posez une question précise : quand et comment avez-vous été prévenu ? C’est de la réponse à cette question que dépend tout le reste.

L’obligation d’information, dans le détail

Pour les contrats de prestations de services conclus pour une durée déterminée avec une clause de reconduction tacite, le professionnel prestataire informe le consommateur (article L. 215-1 du code de la consommation) :

  • par écrit, par lettre nominative ou courrier électronique dédiés ;
  • au plus tôt trois mois et au plus tard un mois avant le terme de la période autorisant le rejet de la reconduction ;
  • dans des termes clairs et compréhensibles ;
  • en mentionnant, dans un encadré apparent, la date limite de non-reconduction.

Chacun de ces éléments est une condition, pas une recommandation. Un courriel promotionnel qui évoque au passage le renouvellement n’est pas un « courrier électronique dédié ». Une mention en bas d’une facture n’est pas un « encadré apparent ». Une information envoyée quatre mois à l’avance, ou dix jours avant, sort de la fenêtre légale.

La sanction : résiliation gratuite, à tout moment

C’est là que le texte devient réellement protecteur. Lorsque cette information ne lui a pas été adressée conformément à ces règles, le consommateur peut mettre gratuitement un terme au contrat, à tout moment, à compter de la date de reconduction.

Trois mots à retenir : gratuitement, à tout moment, à compter de la date de reconduction. Vous n’avez ni préavis à respecter, ni pénalité à payer, ni fenêtre à attendre.

La question à poser en premier

Avant d’argumenter sur le fond, écrivez simplement : « Merci de me communiquer copie du courrier ou du courriel dédié par lequel vous m’avez informé de la date limite de non-reconduction, ainsi que sa date d’envoi. » S’il n’existe pas, ou s’il ne respecte pas les formes, la suite est écrite.

Le remboursement, et les intérêts

Les avances effectuées après la dernière date de reconduction (ou, pour les contrats devenus à durée indéterminée, après la date de transformation du contrat initial) sont remboursées dans un délai de trente jours à compter de la date de résiliation, déduction faite des sommes correspondant, jusqu’à celle-ci, à l’exécution du contrat.

Autrement dit : vous ne récupérez pas ce que vous avez effectivement consommé, mais tout le reste de la période payée d’avance vous revient.

Et si le professionnel ne s’exécute pas : lorsqu’il n’a pas procédé au remboursement dans les conditions prévues à l’article L. 215-1, les sommes dues sont productives d’intérêts au taux légal (article L. 241-3). Mentionnez-le dans votre courrier, cela change souvent le rythme des réponses.

Deux précisions qui élargissent la protection

Les non-professionnels aussi. Les dispositions de ce chapitre s’appliquent également aux contrats conclus entre des professionnels et des non-professionnels (article L. 215-3). Une association, un syndicat de copropriétaires, peuvent s’en prévaloir.

Le texte doit être dans votre contrat. Les dispositions des articles L. 215-1 à L. 215-3 et L. 241-3 sont intégralement reproduites dans les contrats de prestation de services auxquels elles s’appliquent (article L. 215-4). Un contrat qui ne les reproduit pas est déjà en défaut sur ce point, et cela renforce votre position.

Un cas particulier. Pour les contrats de fourniture de services de télévision et de médias audiovisuels à la demande, le consommateur peut mettre gratuitement un terme au contrat à tout moment à compter de la première reconduction dès lors qu’il change de domicile ou que son foyer fiscal évolue, indépendamment de l’information reçue.

Si le professionnel refuse

Votre courrier doit tenir en quatre points : le contrat et sa date, l’absence d’information conforme à l’article L. 215-1, la résiliation notifiée à compter de ce jour, et la demande de remboursement des avances sous trente jours avec, à défaut, les intérêts au taux légal de l’article L. 241-3.

Si le prélèvement continue, opposez-vous auprès de votre banque et conservez la trace de votre notification. Puis, en cas de blocage, le médiateur de la consommation, gratuit, après réclamation écrite préalable et dans l’année qui suit celle-ci (articles L. 612-1 et L. 612-2).

Étape par étape

Retrouvez la date limite de non-reconduction

Elle figure au contrat. C'est elle qui détermine la fenêtre d'information à laquelle le professionnel était tenu.

Cherchez le courrier ou le courriel d'information

Il devait être nominatif et dédié, envoyé au plus tôt trois mois et au plus tard un mois avant cette date limite, avec la date limite dans un encadré apparent.

Notifiez la résiliation en visant le texte

Si l'information manque ou ne respecte pas ces formes, écrivez que vous mettez fin au contrat en application de l'article L. 215-1 du code de la consommation, gratuitement, à compter de ce jour.

Demandez le remboursement des avances

Réclamez les sommes versées après la dernière date de reconduction, déduction faite de ce qui correspond à l'exécution du contrat jusqu'à la résiliation, sous trente jours.

Réclamez les intérêts, puis saisissez le médiateur

À défaut de remboursement dans ces conditions, les sommes dues produisent intérêt au taux légal. Le médiateur de la consommation est ensuite gratuit.

Passez à l'action
Et je le fais avec vous

Vous savez maintenant ce à quoi vous avez droit. Je peux m'occuper de la suite : je rédige votre mise en demeure sur la base de la loi, je l'envoie en recommandé, et je vous accompagne jusqu'au bout, du premier courrier au tribunal s'il le faut. Vous restez maître à chaque étape.

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Questions fréquentes

Le professionnel doit-il me prévenir avant de reconduire mon abonnement ?
Oui, pour les contrats de prestations de services à durée déterminée comportant une clause de reconduction tacite. Il informe le consommateur par écrit, par lettre nominative ou courrier électronique dédiés, au plus tôt trois mois et au plus tard un mois avant le terme de la période autorisant le rejet de la reconduction (article L. 215-1 du code de la consommation).
Sous quelle forme cette information doit-elle être faite ?
Dans des termes clairs et compréhensibles, et elle doit mentionner la date limite de non-reconduction dans un encadré apparent. Un rappel noyé dans une facture ou une newsletter ne remplit pas cette exigence.
Je n'ai jamais reçu cette information, que puis-je faire ?
Vous pouvez mettre gratuitement un terme au contrat, à tout moment, à compter de la date de reconduction. C'est une résiliation sans frais et sans préavis, prévue par le deuxième alinéa de l'article L. 215-1.
Ai-je droit à un remboursement de ce que j'ai déjà payé ?
Oui pour les avances effectuées après la dernière date de reconduction. Elles sont remboursées dans un délai de trente jours à compter de la date de résiliation, déduction faite des sommes correspondant, jusqu'à celle-ci, à l'exécution du contrat.
Et si le professionnel ne rembourse pas ?
Lorsque le professionnel n'a pas procédé au remboursement dans les conditions prévues à l'article L. 215-1, les sommes dues sont productives d'intérêts au taux légal (article L. 241-3 du code de la consommation).
Ces règles figurent-elles dans mon contrat ?
Elles doivent y figurer. Les dispositions des articles L. 215-1 à L. 215-3 et L. 241-3 sont intégralement reproduites dans les contrats de prestation de services auxquels elles s'appliquent (article L. 215-4). Leur absence est en soi un indice utile.
Sources
  • Code de la consommation, art. L. 215-1 (information préalable, encadré apparent, résiliation gratuite à défaut, remboursement sous trente jours)
  • Code de la consommation, art. L. 215-3 (application aux contrats conclus avec des non-professionnels)
  • Code de la consommation, art. L. 215-4 (reproduction intégrale des textes dans le contrat)
  • Code de la consommation, art. L. 241-3 (intérêts au taux légal en cas de non-remboursement)
  • Code de la consommation, art. L. 612-1 et L. 612-2 (médiation de la consommation gratuite)
  • Service-Public.fr : achat à distance, conclusion du contrat
  • Service-Public.fr : association de défense des consommateurs agréée
À jour au 1er septembre 2026, susceptible d'évolution. Vérifiez sur service-public.fr.
Avertissement. Cet article délivre une information juridique générale et ne remplace pas l'analyse de votre situation particulière. IAmiable est un service 100 % IA et n'est pas un cabinet d'avocats.