Rétractation refusée : vos quatorze jours et vos recours
Quatorze jours pour changer d'avis sans motif, et un remboursement intégral frais de livraison compris. Le point de départ exact du délai et quoi faire en cas de refus.
- Quatorze jours pour vous rétracter d'un achat à distance, après démarchage téléphonique ou hors établissement, sans avoir à motiver votre décision.
- Le délai court de la réception du bien pour une vente, de la conclusion du contrat pour une prestation de services.
- Commande livrée en plusieurs fois : le délai court à compter de la réception du dernier bien ou du dernier lot.
- Le remboursement porte sur la totalité des sommes versées, frais de livraison compris, dans les quatorze jours.
- Le professionnel peut différer le remboursement jusqu'à récupération du bien ou jusqu'à la preuve de son expédition.
Vous renvoyez un article commandé en ligne, et le vendeur répond que « les retours ne sont pas acceptés sur cette catégorie », ou que « le délai était de sept jours ». Le droit de rétractation n’est pas une politique commerciale que chaque site fixe comme il l’entend : c’est un droit légal, avec une durée, un point de départ et des conséquences précises.
Le principe : quatorze jours, sans avoir à se justifier
Le consommateur dispose d’un délai de quatorze jours pour exercer son droit de rétractation d’un contrat conclu à distance, à la suite d’un démarchage téléphonique ou hors établissement, sans avoir à motiver sa décision ni à supporter d’autres coûts que ceux prévus par la loi (article L. 221-18 du code de la consommation).
Trois mots méritent d’être soulignés.
Quatorze. Pas sept, pas dix. Une politique de retour plus courte ne peut pas réduire ce délai légal ; elle peut seulement l’allonger.
Sans motiver. Vous n’avez pas à expliquer pourquoi. « L’article ne me plaît pas » suffit, et n’a même pas à être écrit.
À distance ou hors établissement. C’est le champ du droit : achat en ligne, par téléphone, par correspondance, ou signature à votre domicile. Un achat en magasin n’ouvre pas de droit de rétractation légal : ce que le magasin propose alors est un geste commercial, avec ses propres conditions.
Le point de départ, là où on se trompe
Le délai court à compter du jour (article L. 221-18) :
- de la conclusion du contrat, pour les contrats de prestation de services ;
- de la réception du bien par vous ou par un tiers que vous avez désigné, autre que le transporteur, pour les contrats de vente de biens.
Pour les contrats conclus hors établissement, vous pouvez exercer votre droit dès la conclusion du contrat, sans attendre la livraison.
Deux cas particuliers, très utiles pour les commandes groupées :
- plusieurs biens livrés séparément, ou un bien composé de lots ou de pièces multiples dont la livraison est échelonnée : le délai court à compter de la réception du dernier bien, lot ou pièce ;
- livraison régulière de biens pendant une période définie : le délai court à compter de la réception du premier bien.
La date à noter
Ce n’est ni la date de commande, ni la date d’expédition, ni la date affichée sur le suivi : c’est la date à laquelle vous avez reçu le bien. En cas de discussion, la preuve de livraison du transporteur fait foi.
Ce que le remboursement doit couvrir
Lorsque le droit de rétractation est exercé, le professionnel rembourse la totalité des sommes versées, y compris les frais de livraison, sans retard injustifié et au plus tard dans les quatorze jours à compter de la date à laquelle il est informé de votre décision (article L. 221-24).
Trois précisions du même texte :
Il peut différer. Pour une vente de biens, à moins qu’il ne propose de récupérer lui-même le bien, le professionnel peut différer le remboursement jusqu’à récupération du bien ou jusqu’à ce que vous ayez fourni une preuve de son expédition, la date retenue étant celle du premier de ces faits. D’où le réflexe : envoyez la preuve d’expédition dès le dépôt du colis, sans attendre l’accusé de réception.
Le même moyen de paiement. Le remboursement se fait par le moyen utilisé pour la transaction initiale, sauf accord exprès de votre part, et sans que cela vous occasionne de frais. Un avoir imposé à la place d’un remboursement ne respecte pas cette règle.
Le surcoût de livraison rapide. Le professionnel n’est pas tenu de rembourser les frais supplémentaires si vous aviez expressément choisi un mode de livraison plus coûteux que le mode standard proposé. Il doit en revanche rembourser le coût de la livraison standard.
Face à un refus
La quasi-totalité des refus reposent sur une confusion entre la politique commerciale du site et la loi. Le courrier utile est court : rappeler que le contrat a été conclu à distance, que le délai de quatorze jours de l’article L. 221-18 courait à compter du [date de réception], que la rétractation a été notifiée le [date], et demander le remboursement prévu par l’article L. 221-24.
Si le blocage persiste :
- le médiateur de la consommation, gratuit, après réclamation écrite préalable auprès du professionnel et dans l’année qui suit (articles L. 612-1 et L. 612-2) ;
- le juge, précédé d’une tentative amiable obligatoire pour les demandes n’excédant pas 5 000 euros (article 750-1 du code de procédure civile).
Attention à ne pas confondre deux situations : ici, vous changez d’avis. Si au contraire le vendeur n’a jamais livré, c’est un autre régime, plus favorable encore, décrit dans commande jamais livrée.
Étape par étape
Vérifiez votre point de départ
Réception du bien pour une vente, conclusion du contrat pour un service, réception du dernier lot pour une commande échelonnée. Notez la date exacte.
Notifiez votre rétractation par écrit
Un écrit daté, envoyé avant l'expiration des quatorze jours, sans avoir à donner de motif. Conservez la preuve de l'envoi.
Renvoyez le bien et gardez la preuve d'expédition
Cette preuve déclenche le remboursement même si le colis n'est pas encore arrivé chez le professionnel.
Réclamez le remboursement intégral
Totalité des sommes versées, frais de livraison standard compris, au plus tard quatorze jours après que le professionnel a été informé de votre décision.
En cas de refus, mise en demeure puis médiateur
Une lettre recommandée citant les articles L. 221-18 et L. 221-24, puis le médiateur de la consommation, gratuit.
Et je le fais avec vous
Vous savez maintenant ce à quoi vous avez droit. Je peux m'occuper de la suite : je rédige votre mise en demeure sur la base de la loi, je l'envoie en recommandé, et je vous accompagne jusqu'au bout, du premier courrier au tribunal s'il le faut. Vous restez maître à chaque étape.
Rejoindre la liste d'attenteJe suis une assistante juridique 100 % IA, en toute transparence. Je ne suis pas un cabinet d'avocats.Questions fréquentes
De combien de temps je dispose pour me rétracter ?
À partir de quand court le délai ?
Ma commande arrive en plusieurs colis, quel est le point de départ ?
Les frais de livraison me sont-ils remboursés ?
Le vendeur attend d'avoir reçu le colis pour rembourser, en a-t-il le droit ?
Comment doit-on me rembourser ?
- Code de la consommation, art. L. 221-18 (délai de quatorze jours, points de départ)
- Code de la consommation, art. L. 221-24 (remboursement intégral sous quatorze jours, frais de livraison, moyen de paiement)
- Code de la consommation, art. L. 111-1 (information précontractuelle)
- Code de la consommation, art. L. 612-1 et L. 612-2 (médiation de la consommation gratuite)
- Code de procédure civile, art. 750-1 (tentative amiable préalable obligatoire)
- Service-Public.fr : achat à distance, droit de rétractation du consommateur
- Service-Public.fr : achat à distance, conclusion du contrat
- Service-Public.fr : achat à distance, e-commerce, démarches et recours en cas de litige