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Réparations locatives : qui paie quoi, vous ou le propriétaire

Chaudière, volet, robinetterie, humidité : la loi partage clairement les réparations entre locataire et propriétaire. Voici la ligne, et quoi faire s'il refuse.

L'essentiel
  • Le propriétaire doit entretenir les locaux et faire toutes les réparations autres que locatives, nécessaires au maintien en état et à l'entretien normal.
  • Le locataire prend en charge l'entretien courant, les menues réparations et les réparations locatives fixées par décret.
  • L'exception qui renverse tout : rien n'est à votre charge si le dommage vient de la vétusté, d'une malfaçon, d'un vice de construction, d'un cas fortuit ou de la force majeure.
  • Le propriétaire doit aussi vous assurer la jouissance paisible du logement et vous le délivrer en bon état d'usage et de réparation.
  • Ne cessez jamais de payer votre loyer pour forcer des travaux : seule la conciliation ou le juge peut décider d'une mesure sur le loyer.

Le volet roulant est bloqué, la chaudière lâche en janvier, une trace d’humidité s’étend dans la chambre. Vous signalez, et la réponse tombe : « c’est à votre charge ». Parfois c’est vrai. Souvent, non. La loi trace une ligne assez nette, et elle prévoit surtout une exception qui règle la majorité des désaccords.

La ligne de partage

Ce qui incombe au propriétaire. L’article 6 de la loi du 6 juillet 1989 l’oblige à :

  • vous délivrer le logement en bon état d’usage et de réparation, avec les équipements mentionnés au bail en bon état de fonctionnement ;
  • vous assurer la jouissance paisible du logement et vous garantir des vices ou défauts qui y feraient obstacle ;
  • entretenir les locaux en état de servir à l’usage prévu et y faire toutes les réparations, autres que locatives, nécessaires au maintien en état et à l’entretien normal.

Ce même article lui impose de remettre un logement décent, ne laissant pas apparaître de risques manifestes pour la sécurité ou la santé, exempt d’infestation d’espèces nuisibles et parasites, et répondant à un niveau minimal de performance énergétique.

Ce qui incombe au locataire. L’article 7 d) met à votre charge l’entretien courant du logement et des équipements mentionnés au contrat, les menues réparations, ainsi que l’ensemble des réparations locatives définies par décret en Conseil d’État.

L’exception qui renverse la charge

C’est la phrase la plus utile de tout l’article 7, et la plus ignorée. Les réparations locatives sont à votre charge, sauf si elles sont occasionnées par vétusté, malfaçon, vice de construction, cas fortuit ou force majeure.

Autrement dit, cinq situations vous en dispensent :

  • la vétusté, c’est-à-dire l’usure normale liée au temps et à un usage conforme ;
  • la malfaçon, un travail mal exécuté à l’origine ;
  • le vice de construction, un défaut du bâti ;
  • le cas fortuit et la force majeure, l’événement extérieur et imprévisible.

Le texte prévoit d’ailleurs que les modalités de prise en compte de la vétusté sont fixées par décret, et que dans le parc social, des grilles de vétusté issues d’accords locaux peuvent s’appliquer lors de l’état des lieux, à la demande du locataire.

En pratique, la question à se poser n’est donc pas seulement « cet élément figure-t-il dans la liste des réparations locatives ? », mais aussi « pourquoi est-il cassé ? ». Un mécanisme qui cède après dix ans d’usage n’est pas une négligence du locataire.

La formule à écrire

« Cette réparation n’est pas à ma charge : elle résulte de la vétusté de l’équipement, installé en [année], et l’article 7 d de la loi du 6 juillet 1989 exclut expressément ce cas. » Une phrase qui nomme le texte et la cause vaut mieux qu’un long courrier.

Les cas qui reviennent le plus

La chaudière. L’entretien annuel relève du locataire. Le remplacement de l’appareil, lui, n’est pas une réparation locative : il relève de l’obligation d’entretien du propriétaire (article 6 c).

La robinetterie et les joints. Le remplacement d’un joint est typiquement une menue réparation. La réfection d’une canalisation qui fuit dans le mur relève du propriétaire.

Les volets et fenêtres. Le graissage, le remplacement de cordons ou de petites pièces sont à votre charge. Un mécanisme entier hors d’usage par vétusté ne l’est pas.

L’humidité. Si elle vient d’un défaut du bâti, d’une infiltration ou d’une ventilation insuffisante, on est sur le terrain de la décence et de l’obligation d’entretien : c’est au propriétaire d’agir.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire

Cesser de payer le loyer. C’est le réflexe le plus tentant et le plus coûteux. Arrêter de payer de votre propre initiative vous met en tort et peut se retourner contre vous, y compris quand vous aviez raison sur le fond. Seuls la conciliation ou le juge peuvent décider d’une mesure sur le loyer.

Faire les travaux et déduire. Le bail peut prévoir, par une clause expresse, des travaux que le locataire exécute avec imputation sur le loyer, dans les conditions posées par l’article 6 a. Sans cette clause, la déduction unilatérale est une retenue de loyer, avec les mêmes risques.

Si le propriétaire refuse

La marche à suivre figure en tête de cet article. Un point mérite d’être souligné : la commission départementale de conciliation est compétente à la fois pour les litiges relatifs aux réparations et pour ceux relatifs aux caractéristiques du logement décent (article 20). Sa saisine est gratuite, elle rend un avis dans un délai de deux mois, et cet avis peut être transmis au juge par l’une ou l’autre des parties.

Enfin, gardez en tête le délai : toutes les actions dérivant d’un contrat de bail se prescrivent par trois ans à compter du jour où vous avez connu ou auriez dû connaître les faits vous permettant d’agir (article 7-1). Un désordre signalé il y a longtemps et jamais traité ne reste pas actionnable indéfiniment.

Étape par étape

Signalez par écrit, avec des preuves

Décrivez la panne ou le désordre, la date d'apparition, et joignez des photos datées. Un signalement écrit fait courir le temps et prouve que le propriétaire savait.

Qualifiez la réparation

Dites en une phrase pourquoi elle incombe au propriétaire : soit elle n'est pas une réparation locative, soit elle résulte de la vétusté, d'une malfaçon ou d'un vice de construction.

Mettez en demeure avec un délai

Si rien ne bouge, envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception qui met le propriétaire en demeure d'intervenir sous un délai raisonnable et précis.

Saisissez la commission départementale de conciliation

Elle est compétente pour les litiges relatifs aux réparations, ainsi que pour ceux touchant aux caractéristiques du logement décent. Sa saisine est gratuite.

En dernier recours, le juge

Le juge des contentieux de la protection peut ordonner les travaux. Un dossier fait de courriers datés, de photos et de l'avis de la commission pèse lourd.

Passez à l'action
Et je le fais avec vous

Vous savez maintenant ce à quoi vous avez droit. Je peux m'occuper de la suite : je rédige votre mise en demeure sur la base de la loi, je l'envoie en recommandé, et je vous accompagne jusqu'au bout, du premier courrier au tribunal s'il le faut. Vous restez maître à chaque étape.

Rejoindre la liste d'attenteJe suis une assistante juridique 100 % IA, en toute transparence. Je ne suis pas un cabinet d'avocats.

Questions fréquentes

Qui doit payer le remplacement d'une chaudière en panne ?
L'entretien courant de la chaudière relève du locataire, mais son remplacement relève du propriétaire : l'article 6 c de la loi du 6 juillet 1989 met à sa charge toutes les réparations autres que locatives nécessaires au maintien en état et à l'entretien normal des locaux loués.
Le propriétaire peut-il me facturer une réparation due à l'usure ?
Non. L'article 7 d de la loi du 6 juillet 1989 exclut expressément de vos obligations les réparations occasionnées par vétusté, malfaçon, vice de construction, cas fortuit ou force majeure. C'est l'exception à opposer en premier.
Où est écrite la liste des réparations locatives ?
L'article 7 d de la loi du 6 juillet 1989 renvoie à un décret en Conseil d'État qui définit les réparations locatives. C'est ce texte qui liste, poste par poste, ce qui vous incombe. Vérifiez la version en vigueur avant de vous en prévaloir.
Puis-je faire les travaux moi-même et déduire du loyer ?
Pas de votre propre initiative. Une clause expresse du bail peut prévoir des travaux que le locataire exécute avec imputation sur le loyer, dans les conditions de l'article 6 a. En dehors de ce cadre, retenir le loyer vous met en tort : passez par la mise en demeure, puis la conciliation ou le juge.
Le propriétaire refuse de faire des travaux dans un logement humide, que faire ?
L'obligation de délivrer un logement décent et d'en assurer la jouissance paisible pèse sur lui (article 6). La commission départementale de conciliation est compétente pour les litiges relatifs aux caractéristiques du logement décent comme pour ceux relatifs aux réparations, et sa saisine est gratuite.
Sources
À jour au 1er septembre 2026, susceptible d'évolution. Vérifiez sur service-public.fr.
Avertissement. Cet article délivre une information juridique générale et ne remplace pas l'analyse de votre situation particulière. IAmiable est un service 100 % IA et n'est pas un cabinet d'avocats.